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Interview de Romain Serre : concours TREMPLIN, KEDGE, entrepreneuriat…

Nous avons rencontré Roman SERRE, co-fondateur d’Entrelp, une plateforme de mise en relation entre des étudiants et des établissements seniors. Les étudiants peuvent bénéficier d’expériences professionnelles en animation et en assistance, tout en étant bien rémunérés. De leur côté, les seniors participent à différents ateliers et activités et peuvent profiter d’un soutien opérationnel pour le quotidien.

 

Bonjour Romain, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Romain, j’ai 26 ans et je suis Marseillais ! Après un BAC ES, j’ai tenté une classe préparatoire que j’ai complètement laissé tomber au bout de 3 mois après avoir obtenu de nombreux 0/20. Rythme, méthode, ambiance… rien ne me correspondait !

J’ai cherché à rebondir intelligemment et j’ai choisi de m’orienter vers un DUT GEA (je crois que ça a changé de nom aujourd’hui). Je ne regrette absolument pas ce choix, car la formation était d’une très grande qualité. Cela m’a aussi permis de rejoindre une école de commerce du top 10 (eh oui, il n’y a pas que les classes prépa qui le permettent) : KEDGE !

En toute transparence, ma première année (L3) à KEDGE fut un quasi copier/coller (en même moins complexe) de tout ce que j’avais appris à l’IUT pendant 2 ans. C’est vous dire la qualité de cette formation, que je recommande à toutes et tous !

 

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Tu as passé le concours Tremplin pour intégrer KEDGE, comment t’es-tu préparé aux différentes épreuves d’admission ?

Le secret : l’anticipation.

Comme beaucoup, j’ai commencé par acheter l’énorme encyclopédie du TAGE 2, à première vue imbuvable. Mais finalement, tu finis par le prendre (un peu) comme un jeu de logique. En s’y prenant plusieurs mois à l’avance, et en le bossant un peu tous les jours, tu finiras par être vraiment à l’aise avec cette épreuve.

L’épreuve de synthèse était celle qui me faisait le moins peur. En dehors de votre culture générale, qui sera difficilement améliorable quelques temps avant l’épreuve, il faudra vous familiariser avec la méthodologie à l’aide des annales du concours et des différents livres (bibles, etc.). Soyez pertinent, utilisez la bonne méthode et vous vous en sortirez, peu importe le sujet des textes.

Et pour finir, l’épreuve d’anglais ! Bon, si tu as un bon niveau, tu vas te balader, ne t’en fais point. Mais si comme moi, tu es loin d’être “fluent”, j’ai plusieurs conseils à te donner :

  • Réviser l’examen du TOEIC est un très bon moyen de travailler cette épreuve. Et c’est plus pratique car les supports de révisions sont nombreux et de meilleure qualité
  • Insiste sur les conjugaisons et la grammaire, en partant des bases. Oublie un peu que tu suis des cours d’anglais depuis déjà 6/7 ans, et fais comme si tu partais de zéro ! Tu verras, c’est tellement plus agréable et logique pour ton cerveau de repartir sur des bases solides.
  • Travail “détente” : je te conseille de regarder un maximum de séries en anglais, quitte à te faire un épisode en anglais sous-titré français, puis de le regarder à nouveau en sous-titres anglais

 

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Comment as-tu fait ton choix d’école une fois les concours passés ?

Ma seule option choisie était KEDGE Marseille. Pourquoi un tel choix, plutôt risqué ? Pour une raison très simple : j’y ai famille, amis et copine, et c’est une école du Top 10 français. Un Master qui me plaisait. Le rêve ! C’était un défi de taille, mais cela m’a permis d’être plus motivé que jamais pour réussir le concours d’entrée.

 

Durant tes années d’école tu t’es orienté davantage vers l’entrepreneuriat, pourquoi ce choix ?  

J’ai toujours eu envie de créer une entreprise, d’être mon propre patron. Mais j’ai surtout toujours rêvé de me lever chaque matin avec la banane, la bonne humeur, heureux d’aller travailler, en faisant de ma journée quelque chose d’utile pour la société. Mon année d’alternance en Master 2 m’a conforté dans ce choix que j’allais prendre dès la fin de mes études : créer une start-up.

 

Tu as lancé la plateforme Entrelp, peux-tu nous en dire plus ? 

Entrelp est la première plateforme française de mise en relation entre jeunes freelances et établissements seniors pour la réalisation de prestations d’animation et d’assistance. Nous permettons la création de moments intergénérationnels, en offrant d’un côté un job étudiant bien rémunéré et bienfaisant auprès de personnes âgées, et de l’autre en offrant un moment de bonheur pour les résidents et une solution pratique, intergénérationnelle et abordable pour les établissements seniors. Une bonne logique gagnant-gagnant !

 

Lire plus : Qu’est-ce qu’Entrelp ?

 

À quel moment avez-vous eu l’idée de ce projet, quel a été l’élément déclencheur ?

Lors d’un cours animé par Serge MADDALONE, un professeur de stratégie et d’entrepreneuriat à KEDGE Marseille. Il nous a demandé de créer une entreprise fictive sur le marché de la Silver Économie. C’était en Licence 3. “Coup2Main” est alors né (la première version d’Entrelp) ! À l’époque, on voulait mettre en relation des étudiants avec des personnes âgées à domicile, pour leur venir en aide dans leur quotidien. C’était exactement ce que l’on faisait avec Florian, mon associé et co-fondateur, chaque semaine auprès de nos grands-parents respectifs. On les aidait sur de nombreux sujets, tout en passant de supers moments. Et on s’est demandé comment faisaient ceux qui n’avaient pas la chance d’avoir leurs petits enfants à côté. On a voulu y remédier !

Mais en logique « manque de notoriété » pour une start-up qui se lance à peine, on a finalement décidé de changer de cible pour s’adresser à des professionnels (EHPAD, RSS, RA…) avec qui le dialogue et l’accès étaient bien plus faciles et accessibles. Mais nous reviendrons un jour, je l’espère, avec une offre Entrelp pour les personnes âgées à domicile.

 

Depuis la création de ce projet, quel a été le moment le plus marquant ?

Le jour où une quinzaine de personnes, membres du jury du concours Coup de Pouce (fondation Le Roch-Les-Mousquetaires), ont décidé de nous faire confiance en nous offrant un chèque de 10.000€ pour nous aider dans notre développement. Ce jour-là avec Florian, on s’est dit que ça pourrait le faire, que ça allait le faire ! On est clairement passé aux choses sérieuses dès le lendemain.

 

Pourquoi un étudiant doit-il s’inscrire sur la plateforme Entrelp ? 

Entrelp, c’est tout simplement le meilleur job étudiant de France ! Il ne te prend pas beaucoup de temps, il se calque sur tes disponibilités, il se base sur tes talents/passions, il paye bien (17,5€/h minimum), il a beaucoup de sens et est très gratifiant.

 

Lire plus : Budget étudiant : comment faire des économies ?

 

Combien êtes-vous actuellement au sein d’Entrelp ?  

Dans la start-up nous sommes deux, mon associé Florian Leclercq et moi-même. Lancée sur le marché depuis 6 mois, nous comptabilisons déjà 25 clients (établissements seniors) et une trentaines de Helpers !

 

Quel est ton quotidien en tant qu’entrepreneur ?

Beaucoup, beaucoup de travail. Parfois dans nos bureaux dans l’incubateur de KEDGE, parfois en télétravail à la maison. Mais toujours de tôt le matin à tard le soir, souvent le week-end. Très peu de vacances (une dizaine de jours depuis 1 an).

Quand on monte une boîte, on touche à tous les sujets : de la finance au commercial, en passant par le marketing, la communication, le design, les ressources humaines, l’administration, le juridique etc. L’avantage ? On en apprend tous les jours !

 

Selon toi, quelles sont les qualités qui font un bon entrepreneur ?

Efficacité, lucidité, curiosité, créativité, opiniâtreté.

 

Les principales difficultés que tu as rencontrées depuis que tu t’es lancé ?

Les exemples ne manquent pas. Mais le nerf de la guerre de toute entreprise, tout le monde le sait, ce sont les finances. On s’est gommé une belle difficulté en gagnant 10.000€ à un concours. Cela nous aide encore à financer notre début d’activité, et les frais même peu élevés sont nombreux !

Sinon je citerai comme principales difficultés : la méfiance de certains prospects, la difficulté à se faire connaître au début par les étudiants (même si on commence à s’améliorer sur ce point), la globale lenteur administrative, la complexité du développement d’une plateforme (app) et le syndrome de la tête dans le guidon (il faut absolument arriver à prendre de la hauteur régulièrement sur soi et sa start-up).

 

Quel est l’avenir d’Entrelp dans les prochaines années ?

Je l’espère national ! Ce serait un rêve de voir un jour Entrelp intervenir dans toute la France, être connu par de très nombreux étudiants, d’animatrices, d’animateurs, de directrices ou de directeurs d’établissements seniors.

Aujourd’hui, 25 établissements font confiance à Entrelp sur Marseille et Aix-en-Provence, sur plus de 8000 en France. La marge de progression est énorme !

 

Un conseil à donner à des étudiants / jeunes diplômés qui souhaiteraient lancer un projet, quel qu’il soit ?

Commencez par analyser immédiatement les concurrents, leurs offres et les comportements des utilisateurs. Cela vous permettra d’affiner votre idée. Entre temps, postuler dans un incubateur pour vous faire accompagner. Une fois votre idée innovante définie (en version 1 bien sûr), testez-là auprès de potentiels clients, et observez leurs réactions ! Faites les ajustements nécessaires jusqu’à répondre parfaitement à leurs demandes. Chez Entrelp, on pivote encore très régulièrement, et je pense que cela fait intrinsèquement partie du développement d’une entreprise pendant de longues années.

 

Le mot de la fin ?

N’oubliez pas de toujours vous montrer pertinent et efficace, quelles que soient les situations, les problématiques, les choix à faire. Choisir, c’est renoncer. Alors même si c’est frustrant, croyez en vos rêves, faites-vous plaisir et avancez !

Si vous avez des questions par rapport à mon parcours ou Entrelp, je me ferai un plaisir de vous répondre : contactez-moi directement sur LinkedIn ou par mail : romain.serre@entrelp.fr !